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Quand les clubs deviennent des usines à joueurs et les supporters des consommateurs

Le football moderne a choisi le profit. Et il en paie le prix : la perte de son âme, de ses valeurs, et de son public. Un modèle qui transforme les clubs en filiales, les jeunes en actifs, et les supporters en spectateurs obligés de payer pour regarder leur propre équipe.

Le football n’est plus un sport. C’est une industrie.

À l’ère de la mondialisation et du capitalisme financier, le football, sport le plus populaire au monde a basculé dans une logique purement économique.

Les clubs ne sont plus des équipes, mais des entreprises à rentabiliser. Leur objectif ? Recruter, former, puis revendre des jeunes joueurs, souvent avant même qu’ils n’aient prouvé leur niveau sur le terrain.

Les clubs du milieu ou du bas de tableau, comme Francfort en Allemagne ou Lyon en France sont devenus des viviers de talents. Francfort a vendu Randal Kolo Muani au PSG pour 95 millions d’euros en 2024, puis Hugo Ekitike à Liverpool pour le même montant en 2025. Une rentabilité impressionnante. Pour des joueurs formés dans ces clubs ou bien acheté pour un montant bien moindre quelque mois ou années pluis tôt.

Manchester United : le symbole d’un football dévoyé.

Même les géants du football ont basculé dans cette logique.

Manchester United, autrefois synonyme de gloire sportive, est aujourd’hui un géant commercial : ses partenariats, comme celui avec Adidas (1 milliard d’euros sur 10 ans), ses millions de maillots vendus et ses recrutements basés sur l’image plutôt que sur le talent, en font un club dont la stratégie repose davantage sur le marché que sur le terrain.

Le résultat ? Un club qui a perdu son niveau sportif, mais qui gagne toujours plus, avec un modèle commercial et non sportif.

La multipropriété : le nouveau modèle économique du football

Pour contourner la difficulté de faire jouer les jeunes en équipe première dans des clubs de haut niveau qui visent la victoire et ont donc besoin de joueurs confirmés. les groupes d’investissement ont du trouvé une solution pour faire jouer les jeunes et faire prendre de la valeurs à leurs joueurs : la multipropriété.

En France, plusieurs clubs sont désormais contrôlés par des groupes internationaux :

Et dernièrement, le Racing Club de Strasbourg, depuis 2023 sous le contrôle du consortium américain BlueCo, est devenu une véritable équipe réserve de Chelsea.

Todd Boehly figure principale de Blueco

Le 6 janvier 2026, son entraîneur, Liam Rosenior, a été appelé à prendre la tête de Chelsea laissant Strasbourg sans coach en plein milieu de saison.

Preuve que Strasbourg est une équipe réserve,
 Cette saison, le RCSA aligne la plus jeune équipe du championnat avec une moyenne d’âge de 20,8 ans. Avec 42 recrues en deux ans et 17 rien que cet été. Chaque année, l’équipe type change complètement.

Dans ces conditions, comment construire un projet sportif viable ?
 Comment conserver l’âme d’un club ?
 Comment susciter l’adhésion des supporters et supportrices ?
 Cela contribue à faire disparaître les joueurs de club, ceux qui jouent par amour du maillot, réduits désormais à un simple rôle de marchandise.

Les supporters, derniers gardiens de l’âme du football

Les ultras ne s’y trompent pas. Chaque match est l’occasion de brandir des banderoles dénonçant la multipropriété, la perte d’identité, et la marchandisation du club.

Ils observent même une grève symbolique des 15 premières minutes de chaque rencontre. Un geste de protestation contre ce football qui les exclut.

Car ce n’est plus leur club. C’est une filiale. Un actif. Un produit.

Un football qui s’éloigne du peuple

Le football moderne tue ce qui le rendait populaire : la proximité, l’émotion, la loyauté.

Les stades se vident. Les billets coûtent de plus en plus cher, tout comme les abonnements. Pour suivre les matchs à la télé, il faut s’abonner à plusieurs plateformes.

Le football n’est plus un moment à partager en famille au stade — c’est un spectacle commercialisé, produit pour les actionnaires, non pour les supporters.

Conclusion : Se mobiliser pour sauver notre sport

Le football est devenu le footbusiness. Au prix de ses valeurs, de son âme, de son public.

Les clubs deviennent des usines, les joueurs des marchandises, les supporters des consommateurs.

Mais tant qu’il y aura des ultras en grève, des fans en colère, et des joueurs qui rêvent encore de jouer pour leur maillot, il y aura encore un espoir.

Entre une FIFA qui se vend au plus offrant, et ne parle finalement plus de foot, et des usines à joueurs… notre sport se meurt, mais rien n’est inéluctable. La lutte contre le capitalisme se mène dans tous les milieux !

Si je devais faire preuve d’ironie, je vous dirais que, pour une fois, le malheureux manque de popularité du football féminin lui permet, au moins, de grandement éviter ce phénomène. 

Auteur :

Anatole

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